Un son qui traverse les siècles
A l'origine de la Jubilé bibliqueDans sa forme la plus ancienne et la plus profonde, il existe un son qui ne peut être oublié. Un son rude, primordial, capable d'ébranler l'âme plus que les bruits du monde : c'est le son de la musique. son du shofarla trompette faite d'une corne de bélier.
Un son sans paroles, mais plein de sens.
C'est lui qui ouvre un nouveau temps :
un temps de libération, justice, retour et miséricorde.
Qu'est-ce que le shofar ?
Lo shofar est un instrument rituel juif utilisé pour annoncer des événements sacrés, en particulier le début de l'année jubilaire. Il est dérivé du kerenIl s'agit d'une corne de bélier qui, pour être adaptée au rite, doit l'être :
- intacts, sans fissures ni défauts visibles ;
- percé uniquement dans la partie la plus étroite ;
- complètement vidée, mais pas cassée.
Comme pour dire que même la matière, pour devenir la voix du sacré, doit se laisser transformer.
Le Jubilé : un temps de restitution
Dans la Bible, le shofar annonce un temps extraordinaire : le yoveld'où le mot Jubilé.
Une période qui arrive tous les 50 ans, au cours de laquelle :
- la terre se repose,
- les esclaves sont libérés,
- les dettes sont remises,
- chaque famille peut repartir à zéro et retrouver l'équilibre perdu.
Il ne s'agit pas seulement d'une idée sociale ou économique.
Il s'agit d'une vision spirituelle puissante : la terre appartient à Dieu et non à l'homme. Et l'homme n'est pas non plus maître de son frère.
Tout est un cadeau.
Tout est grâce.
Tout doit être vécu avec la conscience d'être hôtes et gardiens de la création.
L'appel spirituel du shofar aujourd'hui
Même dans la tradition chrétienne, le Jubilé est demeuré un temps vivant.
A appel à la liberténon pas comme une conquête mais comme don à recevoir.
Au cœur de chaque Jubilé se trouve une annonce qui nécessite une écoute profonde.
Comme le dit le prophète Isaïe :
"Ici, je suis sur le point de faire quelque chose de nouveau : il est sur le point de germer... tu ne le reconnais pas ?"
Le véritable risque aujourd'hui n'est pas le péché, mais ne pas remarquer du passage de Dieu dans nos vies.
Le silence est nécessaire.
De l'espace est nécessaire.
Il faut un cœur qui soit prêt à se laisser traverser par un son qui vient de loin, mais qui n'en est pas moins ouvre de nouveaux horizons.
Il y a un shofar qui sonne encore aujourd'hui,
dans les plis du quotidien,
dans les fissures de la fatigue,
dans des promesses oubliées.
Réconciliez-vous avec Dieu, avec les autres, avec vous-même.
Et puis vous partez.
Avec un cœur plus léger et des mains prêtes à semer la vie.


